Les routes ou la fuite, thème récurrent des travaux de Régis CROZAT dans les années 90, trouvent enfin leur matérialité dans une installation au milieu d’une clairière à Saint Savinien sur Charente. La passerelle, chemin réalisé en châtaigner, sera l’axe majeur, offrant ainsi un cheminement sécurisé sur un terrain inondable, à une composition destinée à évoluer. Le traitement de la végétation et la mise en place d’installations participeront à l’animation du site. La mise en scène s’apprécie depuis certains points de vue privilégiés, depuis l’extérieur, ou en arpentant la passerelle qui s’élève légèrement vers nowhere.
Août 2011
Une nouvelle fabrique dans le Nowhere
Le land art de Saint Savinien s’enorgueillit d’une cabane. Un espace abrité, pas pour le thé, ni pour les invités, rien qu’un écrin destiné à valoriser en son sein une œuvre artistique inutile. En soi, la construction peut déjà être considérée comme telle, ses quatre faces différentes et son implantation l’intègre dans l’espace artistique voisin. A l’orée du bois, elle profite des frondaisons d’un gros tilleul et ses fenêtres ouvrent sur le paysage des 6 autres (Nowhere) installations au soleil couchant. Contemplation intégration surprise, faire le tour de la construction apporte également des sensations, comme pour une ronde bosse. A l’est les planches ondulent, à l’ouest c’est plutôt régence avec des fenêtres (récup) à petits carreaux, au nord modernisme avec un pan coupé et des ouvertures propulsées qui cherchent la lumière, enfin au sud sous les arbres, le mur pignon est tranquillement aveugle. Au registre des références, dans l’ordre des faces citées : Frank Gehry, J.A Mansard, Le Corbusier et le 2e petit cochon.
Juin & juillet 2010
Du nouveau dans le Nowhere
Souvenez-vous, dans nos éditions de l’automne 2009, nous retracions le travail plastique agresque de RC.
Avec le printemps la végétation a poussé, à nous d’en jouer. Le chemin de bois remplit sa fonction en surplombant l’étendue de mauvaises herbes, quelques cheminements sont tracés pour une promenade labyrinthique.
Un nouveau Nowherinstall relie les deux parcelles, passerelle d’observation du marigot, sans lien avec les rives elle appartient au chenal comme le collier et les pieux (Nowherinstall 4 & 5). Son accès est signifié par une ligne de bambous.
Pour l’été, une installation électro sonore est prévue, à suivre…
Trouver le Nowhere : Saint Savinien sur Charente, Agonnay lieu dit « Chez Coutant », derrière la voie ferrée.
Une nouvelle installation dans le Nowhere
Avec l’implantation dans le paysage d’un réfrigérateur, hommage aux paysans Serbe de la Kraïna* .
L’objet, signifiant de laideur hors de son contexte domestique, révèle ici la beauté de son environnement. Considéré comme une borne, il signale un territoire. Ainsi, en ouvrant les portes, le spectateur est renseigné sur le biotope environnant. Ici l’intégration s’effectue dans un genre brutaliste, pas de petits pieux mignards de chochotte avec du plexi.
* Un peu d’histoire
A propos de nos amis Serbes en territoire Croate ; virés de leurs pénates en 1992 par les milices locales, ils abandonnèrent leurs maisons avec leur mobilier, n’emportant sur leurs tracteurs et charrettes que le minimum. Afin de prévenir toute velléité de retour au bercail, les Croates pillèrent les maisons, répandant à l’envi dans les fossés en bordure de route l’équipement ménager, un spectacle navrant. Comme vous le savez, d’autres Serbes ont vengé, au centuple, leurs copains exilés.
A propos de la borne dans le Nowhere
Après l’implantation dans le paysage d’un réfrigérateur
L’objet, signifiant de laideur hors de son contexte domestique, révèle la beauté de son environnement. Le voici paré et prêt à fonctionner.
octobre 2009
UN NOWHEREDAY
Près de 40 pékins (Nowhereacteurs) étaient présents lors de la garden party du 19 septembre à Saint-Savinien.
Trois nouveaux Nowherinstall reçoivent les assauts du temps et des marées.
Le collier dans le marigot, dans le chenal régulièrement investit par la marée, 40 balles de golf tanguent au vent et au mouvement de l’eau. Signal luminescent, le collier de boules oranger se mêle aux baies rouges des arbustes et à la micro jungle du canal. En amont, fichés dans la vase, un groupe de pieux, inspirés de ceux représentés lors du blocus de La Rochelle en 1627, défendent l’accès au marigot. Dans la clairière, au chaud pour l’hiver, plusieurs troncs d’arbres sont enrobés d’un paillis de brande, animé par une torse immobilité.
septembre 2009
DEUX NOUVEAUX NOWHERINSTALL ANIMENT LE CHENAL D’IRRIGATION
Le quatrième Nowherinstall date du 5 septembre il participe à l’animation du chenal d’irrigation. Baptisé « Le boulier charentais ou Le collier dans le marigot » il poétise une tranchée limoneuse. A saisir, l’instant de la marée haute de la Charente, lorsque l’eau laiteuse envahie le chenal et vient frôler la pureté des petites balles oranger. Le crade devient remarquable.
Le cinquième Nowherinstall est un agglomérat de totems hérissés en chevaux de frise. L’entrée du chenal est protégée par ces épées brutalement plongées dans la vase. Un rappel et une évocation des pieux brisant, structures érigées par les soldats du Génie de Richelieu lors du siège de La Rochelle. (ill. Henri Paul Motte 1881)
Août 2009
LE NOWHERE DE RC Le land art annoncé sort de terre
Les routes ou la fuite, thème récurrent des Super Créat des années 90, trouvent enfin leur matérialité dans une installation au milieu d’une clairière à Saint Savinien sur Charente. La passerelle, chemin réalisé en châtaigner (imputrescible pendant 15 ans), sera l’axe majeur, offrant ainsi un cheminement sécurisé sur un terrain inondable à une composition destinée à évoluer. Le traitement de la végétation et la mise en place d’installations participeront à l’animation du site. La mise en scène s’apprécie depuis certains points de vue privilégiés, depuis l’extérieur, ou en arpentant la passerelle qui s’élève légèrement vers nowhere. Trois « Nowherinstall » sont actuellement en place : la haie de bois mort signifiant l’accès au site – le chêne horizontal, une agglomération organisée de rondins, qui ramène à peu de chose 15 mètres de verticalité – un premier fractionnement de l’espace par une ligne de bambous, subitement morts dans le jardin d’une voisine de 86 ans.En prévision, l’animation du chenal d’irrigation et des totems siffleurs ou carillonneurs. Vous retrouverez régulièrement l’évolution du Nowhere sur ce blog.
De l’art dans le paysage
A la fin des années 60, l’art contemporain appartient à l’économie dominante du moment, l’Amérique. Economie et culture font souvent bon ménage, d’ailleurs nous pouvons nous interroger sur celle qui représente la partie émergeante. L’émancipation des mœurs de la société américaine trouve sa correspondance dans de nouvelles tendances artistiques, pourfendeuses des nouveaux modes de consommation. L’après Duchamp « tout est art » est à la fois un héritage difficile et un tremplin pour les jeunes artistes en quête de liberté et d’espaces, « Jouir sans entrave » ne sied plus au confinement des musées ou des galeries. Les adeptes du pique nique ne se contentent plus de jouer les Van Gogh. En bons activistes de plein air ils s’approprient le paysage et le modèlent. Le tableau n’est plus sur la toile mais sur une photo qui l’immortalise et le fige en pleine mutation. Avantage ou inconvénient de la discipline, l’évolution et la transformation qui peuvent virer à la biodégradabilité de la création. Voir, les installations en glace d’Andy Goldsworthy ou les plus fameux empaquetage de Christo (pas bio).En 40 ans, le pied de nez est devenu une discipline reconnue. Pour exemple, certaines communes de France invitent le temps d’un été des artistes à investir leurs rues ou leurs espaces verts, après les festivals, un nouveau biais pour attirer les touristes en quête de sur-consommation culturelle. Bientôt le super mix : la brocante marché de noël nocturne implanté dans un land art.Avantage du land art, les installations utilisent des matériaux naturels souvent issus de l’endroit où elles se situent, enfin l’harmonie avec végétal ou son travail est à considérer. Du vrai durable, de quoi contenter les verdâtres !



















































