# 235 été 2021

LA PUB C’EST FINI

Nous étions fiers de dire que nous “travaillions dans la pub“, synonyme de liberté, de fric et de créativité. Nous avons même connu les pionniers, arrivant tels des kadors gonflés de certitudes ils imposaient les tarifs. Puis le client a pris les rênes, les budgets fondant les jolies filles souvent blondes cessèrent de nous accompagner aux déjeuners clients, et le ROI (return on investment) est devenu roi.
L’usage quotidien de l’internet avec l’accès à de nouveaux média a permis au plus grand nombre d’opérer eux même pour leur communication, avec des outils de masse “gratuits“ dématérialisés qui nivellent hélas la création par le bas. Corrélativement la tyrannie du like et du nombre de “followers“ est devenue la référence : “être vu“ ne serait-ce qu’une minute (c’est déjà beaucoup !).
Largement banalisé l’univers de la publicité a éclaté en une myriade d’activités spécifiques gérées par des auto-entrepreneurs vivant dans leur “multi-van“. Cette évolution, apparentée à celle de la connaissance humaine, correspond à l’hyper spécialisation de notre époque ; dans la seconde partie du XXe siècle une seule agence répondait à tous les besoins de son client, aujourd’hui il en faut une dizaine !
Nous aurons toujours besoin de communiquer, d’informer ou de vendre du rêve. Ne comptons pas sur les géants du web qui grignotent la majeure partie du marché en apportant surtout des solutions techniques. Mais, de quelle publicité parlons-nous, de celle d’avant ou de celle qui doit se réinventer en permanence ? Notre créativité n’est pas devenue désuète, cependant ne la laissons pas aux informaticiens (qui n’en manquent pas non plus) mais leurs objectifs sont différents !
Réflexion inspirée de l’article (un peu flou néanmoins) publié dans Stratégies


L’éloquence des chiffres
Au biberon
“En avril 2021, Médiamétrie dénombrait 53,8 millions d’internautes en France, soit 85,2% des Français de deux ans et plus. Le temps passé à surfer sur le web quotidiennement s’élevait à 2h39.“*
Dans le temps, la Caisse d’Epargne offrait un livret avec un don de 10 frs à chaque nouveau né, bientôt Fb leur offrira l’ouverture d’un compte avec le pack Insta / Whatsapp et le biberon connecté à Lactalis. Un bel exemple de co-branding ? Sources le JdN


Le phénomène tiny
Le 2e petit cochon
C’est bien de vieillir, on se souvient de ce qui s’invente et se réinvente. La chanson de Dutronc “Mini, mini, mini, tout est mini dans notre vie…“, beaucoup se souviennent, c’était en 1966. “Mini-moke et mini-jupe Mini-moche et Lilliput “ (attention, la chanson dénonçait cette posture).
En bons disrupteurs (faire du neuf avec du vieux), il a fallu aller chercher dans le wording des anglo-saxons pour remettre le couvert avec le minimalisme qui risque de dicter les conditions de vie des moins riches.
Tiny par ci, tiny par là… Les tiny houses sont très à la mode, façon cabane elles proposent une alternative au refuge symbolique incarnant l’abri originel. Sans trop analyser, la tendance reflète l’appauvrissement des classes moyennes et surtout la difficulté actuelle à se loger, enfin elle révèle notre formidable capacité d’adaptation qui s’accommode avec délice de toutes les situations. Il y a toujours de l’espoir surtout avec les bonbons Tinybird (made in France).

Le retour du MLM 

Le Marketing Multi Level, ou Vente Multi Niveaux est un système de commercialisation où les vendeurs forment et parrainent eux-mêmes leurs homologues, afin de percevoir des commissions sur les ventes réalisées par leurs filleuls. En résumé, du parrainage autogéré, appelé également vente en réseau par cooptation, vente par réseau coopté (VRC) ou marketing de réseau.
Développé aux États-Unis, il a été popularisé par Tupperware il y a 70 ans.


La chute et les soldes

Il y a deux mois le monde l’art s’enflammait et les média s’en rengorgeaient…
Les NFT (Non Fongible Token – cf interlettre 232) allaient révolutionner l’art contemporain. Le moment n’est pas encore arrivé pour le vent de prendre de la valeur, mais cela finira bien par arriver !
L’œuvre de l’artiste Beeple « Everydays : the First 5 000 Days », représentant une mosaïque d’images, avait atteint 69,3 millions de dollars. Pendant la flambante semaine du 3 mai dernier, les transactions en NFT ont représenté 176 millions de dollars, deux semaines après ce volume équivalait, à peine à 12 millions de dollars, soit une dégringolade de 93%. Idem pour le nombre de portefeuilles de NFT dans le monde, une fonte de 20 323 à 10 899 en un mois.
Les modes passent (vite), un marché restreint, pas mature, constitué essentiellement par les acteurs des nouvelles monnaies (notre ami le Bitcoin)… L’utilité des NFT n’était peut-être pas dans ce registre ? “les NFT ont vu leur valeur exploser pour la nouveauté qu’ils incarnaient ; plus qu’un intérêt pour leurs usages, l’attention s’est portée sur leur existence même.“
L’œuvre de Beeple ne “vaut“ plus que 4,851 millions ! A présent tout dépend de la monnaie de singe qui a permis cet échange. Beeple pourra t-il s’offrir sa tiny house ou tout un parc de mobile-homes ?


Vous êtes cernés…
Consommation, écologie, tourisme

La course aux innovations serait repartie, le monde va mieux ?
Extraits du JdN relatant plusieurs innovations commerciales

– Marco Vasco, cette agence de voyages suggère grâce à des murs écrans géants et interactifs un plongeon dans votre prochaine destination, avec bien entendu un choix à la carte des prestations, pendant ce temps vos enfants sont abreuvés de bonbons (certainement des Tinybird).
– Un nouveau, nouveau concept store pour Adidas, tout est construit avec des matériaux recyclés même les basquettes, ils magnifient la sustainability avec du mobilier chiné aux puces, un babyfoot et du Street art.
 Dans la série retail décomplexé, à Marseille Pernod Ricard crée un complexe de 1000 m2 destiné à … l’anis. Le jaune sera à l’honneur, 600 m2 de terrasse avec vue sur la Méditerranée, pas pour essayer des basquettes ! Rassurez-vous, des artisans locaux sont conviés pour étancher la faim des spectateurs dans le musée immersif.
– De l’éphémère (ça faisait longtemps !), à l’hôtel de la Villa d’Este du lac de Côme, le super luxe français s’expose et se vendra. Dans ce “pop up store“ les meubles sont en bois et les tapis en fibres naturelles, pour les vêtements on ne sait pas ?
– Dans une épicerie portugaise entièrement automatisée, Amazon GO, 230 caméras ont été installées pour commercialiser 1300 produits, les étagères sont également dotées de capteurs sensibles au poids. Plus de scan, ni de passage en caisse et pas de reconnaissance faciale.

Publié dans # 235 07-2021 | Laisser un commentaire

# 234 juin

La France est libérée, nous n’avons toujours pas de pétrole (d’ailleurs on s’en moque puisque tout va devenir électrique) mais nous aurions le tourisme, c’est de saison.
Le déplacement récent du président dans l’un des plus emblématiques villages du territoire stigmatise encore une pensée bien centralisée sur notre patrimoine. Comment allons-nous éviter les phénomènes de massification sur des lieux uniques, qu’il faut absolument voir ?
Nous en avons fait l’expérience dernièrement dans le Périgord, lisez la suite…

 


Le tourisme et la diversité française – 22 kilomètres pour un bref constat

Un dimanche à Nontron
“On se couche sur la nationale“

Nontron à l’allure d’une petite ville désertée qui se débat comme elle peut en perpétuant sa fabrication ancestrale de couteaux. La création d’un label fut un beau projet de communication, hélas en France il n’y a de place que pour un seul, et Laguiole a déjà “tondu toute la pelouse“.
La petite cité perchée sur un éperon noyé dans la jungle du Périgord vert aurait pu… son château du XVIIIe dépenaillé, son insignifiante église du XIXe et ses belvédères proprement bétonnés n’attirent personne, quant aux rues commerçantes avec une vitrine sur trois opaques supputons sur la ténacité des restantes. Dernier espoir, les marcheurs, le parcours vert en terrasses accroché aux flancs de l’éperon offre un balcon sur un horizon de croupes aux mille verts de ce printemps. Malgré notre bonne volonté l’excursion n’a pas réjoui notre dimanche soir.

Brantôme est une exagération pittoresque et bucolique.

L’alter ego des nouvelles métropoles surinvesties et surpeuplées formeraient une trame supérieure du tourisme. Un concentré des plus “beaux endroits“, devenus de vastes centres de loisirs dédiées à la consommation. Ca grouille le week end, avec le défilé des motards et des autos anciennes ; les marchands de glaces ou de foies gras rigolent, les terrasses des restaurants sont remplies, les hôtels aussi, la foule colorée arpente les deux rues commerçantes et pratique le selfie au bord de la Dronne l’abbaye en arrière-plan. L’aménagement de vastes parkings reflète l’intérêt pour les marcheurs, négligé, avec de chiches sentiers de randonnées mal gaulés, ici l’on boit et l’on bouffe.

22 kilomètres et deux destins pour ces vieilles cités périgourdines, chacune avec leurs 3000 habitants et leur passé moyenâgeux. L’une industrielle a fait évoluer ses structures sociales et publiques en faisant table rase du passé, l’autre recroquevillée sous son abbaye attendait le développement du tourisme de masse.

Monsieur Macron ira-t-il à Nontron ?

Bien conseillés, Messieurs Bern et Macron nous feraient presque croire que tous les villages de France sont gais le dimanche. A Saint Cirq Lapopie il y a une trentaine d’habitants, que des jeunes…
Aux beaux jours, l’ascension de la motte castrale pour la visite des chicots de ruines prend l’allure d’une procession. Passés les 19h, les rues (un restaurant à ciel ouvert) se vident, les parkings sont déserts hormis le plus haut, celui des camping-cars.

Parmi les mesures à prendre :
Les musées et lieux culturels resteront-ils ouverts plus tard pendant les périodes estivales ?

 


Marketing appliqué
Une terrasse, une..

Business et consommation locale font bon ménage actuellement,
profitons des beaux jours, c’est très sympa… nous allons même bientôt pouvoir télétravailler en terrasse, comme les fameux écrivains yéyé à la belle époque, au café de Flore.

Le sable de Fontainebleau n’est pas bien loin, avec un air de plage la Crêperie de Milly-la-Forêt s’enorgueillit d’une seconde terrasse, construite par les menuisiers de Virgule.

Publié dans # 234 06-2021 | Laisser un commentaire

# 233 mai 2021

Coup d’oeil sur ce qui bouge dans notre monde immobile. Que penser de la bienveillance, quand on pense ce que l’on pense et que l’on voit ce que l’on voit ?


Sauvetage planétaire
Tesla in Berlin
 
Aach ! En 2020 les ventes de véhicules électriques ont augmenté de 43% et celles des moteurs à essence a baissé de 16%. Comment seraient classées les autos hybrid rechargeables et non rechargeables ?
La bataille du lithium tchèque ou portugais…
Tous les pays européens se la sont arrachée, cette giga usine Tesla (gigafactory), digne de celle d’Henry Ford à Detroit il y a une centaine d’années
Tout le monde a fait des courbettes à M. Musk*, les Français en remplacement de Fessenheim, les Bataves, les Tchèques, les Polonais et les Hongrois, les Portugais, les Espagnols, les Lituaniens et les Estoniens, tous y allant de leurs arguments, ceux qui avaient le lithium, d’autres de l’eau, ou de la main d’œuvre…
Finalement les Teutons** ont gagné la première manche, mais ça coince un peu, alors que l’usine est presque construite (sans toutes les autorisations, il paraitrait). Le problème de l’eau, une fois lancée à plein tube la production de 500 000 autos /an nécessitera énormément d’eau (env… 3,6 M de m3 soit 30% du volume du lander). En attendant le chantier est à l’arrêt, Tesla n’aurait pas payé sa facture d’eau, outre l’eau, il y aurait pénurie de main d’œuvre et de logements.  
Pour le volet écolo, la construction de l’usine implique une déforestation qui menace un site de coronelle lisse et de lézard des souches, des petites bestioles, pas trop rares ailleurs.


Nouveaux maîtres
Et dieu créa…

* Elon musk “technoking“
Au registre des maitres du monde, Alexandre, Charles Quint, Charlemagne, Louis XIV ou Napoléon, en voici un de plus.
Il travaille dans la finance (Paypal), fabrique des voitures (Tesla) et lance des satellites comme des palets de ball trap, 60 d’un coup avec des lanceurs récupérés et recyclés jusqu’à 9 fois. L’Internet pour tous avance à grand pas, et SpaceX envahit tranquillement l’espace sans demander à quiconque, enfin presque, seulement à l’oncle Sam.
Un jour il devrait il y avoir battle dans l’orbite basse, sachant que les risques de collision s’accroissent, à 20 000 Km/h un boulon dézingue un satellite. 1200 envoyés depuis le début de l’année, ils seront des millions un jour, il va falloir parler du partage de l’espace.


Jobs d’avenir

SENSIVITY READER

“Passer au crible des ouvrages et relever des passages qui risqueraient d’être perçus comme offensants ou désobligeants“, à vous de voir censeur ou bienveilleur ?
Il n’y en pas et il n’y en aura pas chez Virgule
– Et d’un, parce que nous aimons persifler
– De deux, la liberté de parole existe encore
– De trois surtout, nous n’aimons pas beaucoup ceux qui gagnent de l’argent sans apporter de plus-value à la société.
Dégât collatéral : Le wording toujours, suivant notre belle époque de velours et de ouate, certains contrôleurs de la SNCF (Oui) débaptiseraient la Carte Senior en “carte sagesse“. A quand la carte paresse ?
Quand un mot suffisait il faudra bientôt toute une phrase pour ne pas affecter les minorités sensibles.
L’art de l’euphémisme risque de devenir une figure majeure de la littérature du XXIe siècle.

**Aie, nous pourrions être taxés de teutonophobie (allemagnophobie)

INFLUENCEUR (E)

Il a une vingtaine d’années Interlettre relayait la création d’une école de DJ sur le bateau phare à Paris. Les DJ étant au rencard aujourd’hui, voici une nouvelle école très tendance pour devenir “influenceur“ en marketing. Hivency Academy propose des formations en ligne (gratuites ?) à destination de tout public ayant un téléphone avec une caméra, une bonne bouille, et surtout de la tchatche. Pourquoi pas ?

Publié dans # 233 05-2021 | Laisser un commentaire

# 232 avril 2021

L’ultracrépidarianisme ne serait certainement pas le caractère qui caractérise le plus votre serviteur et la façon dont Virgule procède depuis 30 années, en tout cas nous nous en défendons, quand bien même nous serions toujours le cuistre d’un autre.
En ce temps de crise et d’ultra communication, où chacun se prévaut de l’avis d’un expert (…. ?) pour s’exprimer, ce phonème de 20 lettres tombe à pic.

La définition de Wikipédia est éloquente : “L’ultracrépidarianisme est un comportement consistant à donner son avis sur des sujets à propos desquels on n’a pas de compétence crédible ou démontrée1. Il est l’équivalent de la notion française de la cuistrerie.“

Issu de l’anglais, mais la langue française aurait donc un équivalent plus sobre…
Nous l’avions un peu oublié : le cuistre, personnage cireux et vaniteux que Molière ou P. Desproges aimaient tant à vilipender (Trissotin ou quelques aventuriers philosophes).
Sourions, les occasions de rire en ce moment ne sont pas légions si l’on écoute les journalistes et les experts (pas ceux de Miami !).

Enfin, ne confondez pas avec le joueur de flute qui endort son auditoire, le cuistre agace.

 


Une nouveauté dans le domaine de l’art
Serions-nous en train de sublimer “L’urinoir“ de Marcel Duchamp (1917) ?

Un artiste américain de 40 ans est parvenu à vendre* l’une de ses œuvres (via Christie’s) plus de 58 millions d’Euros. Le plus fort est qu’il s’agit d’un tableau numérique, donc dématérialisé, que chacun peut imprimer en effectuant une capture d’écran. Ce faisant, deux Indiens auront tout de même lâché 58 patates pour un jeton !
Ce jeton, qui fait d’eux (pour l’instant) les uniques possesseurs de l’œuvre réalisée par Mike Winkelmann (alias Beeple). A L’instar du Bitcoin (voir la côte ci-après) ont été crées les NFT, un jeton non fongible, uniquement cessible contre monnaie. Le NFT du tableau “First 5 000 days“, aliéné à cette image, n’exclut pas la multipropriété en présentant la particularité d’être facilement cessible, tout reposant sur la confiance du marché. Il ne risque pas d’être volé !
 
* ou plutôt deux milliardaires issus de la flambée des crypto monnaies (Ethereum) auraient acheté contre crypto monnaies une crypto œuvre d’art. Une histoire de machine à laver.

Et Duchamp ?
Finalement l’iconographie de l’œuvre passe au second plan (elle serait vaguement sulfureuse dans le cas de “First 5 000 days“), ce qui passionne le plus les marchés serait la technicité du procédé qui permet de valoriser les tableaux n’existant pas matériellement.   
“First 5 000 days“ est constitué d’une mosaïque de 5000 petites icônes, l’aspect pourrait évoquer une œuvre pointillisme, quant aux autres travaux de Beeple, certains s’apparentent aux réalisations de Gaspard David Friedrich ou de Salvador Dali dans leurs aspects surréel et grandiloquent, voire emphatique à la 2001 Odyssée de l’espace.
Une certitude
Le seul truc qui ne change pas c’est l’œil humain et le regard porté, toujours épris d’une histoire ou d’une harmonie colorée et formelle.


 

Publié dans # 232 04-2021 | Laisser un commentaire

# 231 mars 2021

Pour après… APRES QUOI ?
Ben le nouveau monde, la nouvelle époque où tout sera vert et durable avec des “nouveaux“ jobs émergents ! Savourez ce petit panel des métiers qui marcheront encore dans dix ans, merci aux gars du JDN qui ont déniché quelques perles d’avenir pour… les bricolos et les forts en thèmes.
Toujours intéressant et rassurant de constater que le monde ne change pas, mais que le salariat disparaît doucement.
Ils ont oublié les barbiers, les vaporéteurs, pour la pub c’est mort, il y aura les influenceurs et les gafam, pour les garagistes, pas mieux, quand toutes les voitures seront électriques les pauvres ne pourront plus les faire réparer, ils iront à pieds avec les garagistes.
Ce faisant un bon principe reste d’actualité : L’avenir appartient à ceux dont les employés se lèvent tôt.


1 – Bricoleur exposé aux intempéries
Artisan dans le secteur de la construction
La rénovation énergétique des bâtiments, l’un des axes du plan de relance orchestré par le gouvernement (parmi les 150 propositions de la convention citoyenne pour le climat). Subventionnés par des incitations fiscales ce marché éternel à haut potentiel offre de vastes perspectives : maçons, poseurs de laine de verre…

2 – Bricoleur en boutique (option électricien)
Mobilité des adulescents
Des pistes plus que florissantes avec les nouvelles mobilités dans les grandes villes, la pratique du vélo, de la trottinette, du hoverboard, ou du scoter, tous électriques, explose. Il va bien falloir les réparer ces babioles, ce sera moins passionnant que de bricoler un V8 ou un V12.

3 – Bricoleur bon en maths
Data analyst
Toutes ces données collectées, cet or “gris“ qu’allons-nous en faire ? Les entreprises commerciales disposent de quantité de données qu’elles souhaitent monnayer, en tout cas exploiter. Mais elles ne savent toujours pas comment faire, une voie royale pavée de tune s’ouvre pour les forts en thèmes et beaux parleurs, “Etant donné la pénurie de (bons) profils sur le marché, les rémunérations peuvent vite grimper“ le JDN
Lire l’article

4 – Bricoleur véreux repenti
La cyber-sécurité
30 000%, d’augmentation il parait ! On partait de très bas, “entre janvier et avril 2020 cela passe de 1 200 à 380 000 cyber-attaques liées à l’émergence de nouvelles formes de travail à distance et la crise du Covid“.
Reconnaissons aux salopards des capacités d’adaptation performantes, nouveau monde business facile on ne change rien.

5 – Bricoleur à tout faire
Nettoyer les saletés des autres
Faire le ménage… Les normes en matière d’hygiène se seraient durcies et les cadences pour nettoyer les intérieurs auraient augmenté surtout dans les entreprises. Cette activité n’étant pas réglementée (ouf, certains seraient capable d’inventer des stages pour manier l’éponge et le balai). Les entrepreneurs devront toutefois investir dans du matériel “relativement coûteux (auto laveuse, chariots de ménage…)“ ou faire travailler les autres.

6 – Bricoleur altruiste
Les services à la personne
Dans la veine du nettoyage les (très) durs petits boulots : jardinage, bricolage, soutien scolaire, assistance aux personnes âgées… “Les besoins en matière de services à la personne sont colossaux étant donné le vieillissement de la population, il y a une pénurie de main d’œuvre, l’avantage, c’est que les métiers de la filière n’exigent pas forcément de diplômes.“ Le JDN
Le cynisme fait déjà partie du nouveau monde.

7 – Bricoleur intéressé
Dans l’immobilier
La grande peur de la razzia sur l’épargne favorise l’immobilier qui reste une valeur refuge. Il s’imagine là aussi un fleurissement de jobs de suceurs, agents et mandataires immobiliers, diagnostiqueurs, conciergerie de relocalisation, expert en mobilités…  L’exode des Franciliens vers d’autres territoires devrait générer de l’activité en province. Remember  : “J’en tiens deux et des gros…“ Les Bidochons  T4 “Maison sacrée maison“ 1983

8 – Bricoleur Star de la strat (chez Manpower)
Le management de transition
Réorganisation oblige, les entreprises souhaitent se réinventer. Les gars et les filles bien payé(e)s de plus 50 ans au chômage aimeraient bien continuer de palper un max, notamment pour financer les dix années d’études de chacun de leurs trois enfants. Une mission par ci et par là, pour restructurer, développer le télétravail, mettre en place des plans sociaux… Il y aura à faire, les fichiers des cabinets conseils en management de transition sont blindés de candidats brillants.

Publié dans # 231 03-2021 | Laisser un commentaire

# 230 février 2021

VIRGULE fait sa réclame

Les voitures de, dans 20 ou 30 ans, Suvora dans la course ?
Ca y est, les fabricants vont pouvoir vendre des voitures autonomes de niveau 3, leur vitesse sera limitée à 60 km/h avec un usage préconisé sur les voies rapides, toutefois les accessoires de divertissement connectés resteront inopérant durant le trajet. Encore faut-il que les pistes soient équipées, pour l’instant seule l’Allemagne remplierait les conditions, quant aux véhicules, ils appartiennent aux meilleurs, Mercedes et Suvora. Bien entendu elles seront hybrides, rechargeables et livrées avec des pneus neige.
Lire cet article dans le JDN


Vendre son âme au diable
Un business juteux et pas trop fatiguant

L’éternel humain : “prêt à tout et bon à rien, le minimum pour le maximum“
Star un jour, star toujours ? Oui, mais quelle star ?
Une belle idée de cadeau d’anniversaire, imaginez votre fiancée fan de Julien Clerc, quoi de plus beau que de lui offrir une dédicace de son chanteur préféré, elle avait déjà le poster et la carte postale, elle aura la vidéo…
Caméo, l’appli qui vous propose de recevoir la vidéo dédicace de votre idole, selon votre budget et la notoriété de l’impétrant vous pourrez lui demander de vous fredonner un refrain, par exemple.
Bon, Juju n’est pas encore dans Caméo. Ca peut enjoliver les fins de mois d’autres stars au chômage. Voir l’article dans Stratégies


Le CES de Las Vegas vs le concours Lépine 3.0

Comme chaque année nous suivons cette messe des innovations numériques mondiales où la France brille, l’édition 2020 a été totalement dématérialisée, because kauvide.
A retenir, la poignée de porte auto nettoyante qui flingue tous les trucs pas clair (virus et bactéries)
Un dispositif qui permet d’indiquer la température des individus, sans contact et en moins d’une seconde.
Le chargeur de téléphone à induction équipé de la lampe UV qui le désinfecte, désinfection toujours, un robot auto-guidé va désintégrer tous les agents pathogènes coincés dans une pièce.
Mieux, un masque réutilisable avec un stérilisateur intégré, transparent équipé d’un ampli pour la voix, et… fabriqué avec des trucs recyclés.
Les économies d’énergie restent très à la mode avec des gestions globale ou individuelle, les fabricants d’automobiles croient au messie, même Caterpillar promet des bulldozers autonomes, Lisez la suite…


De la culture à l’état pur
Malin les gars de chez Decaux
“Tiens les kiosques à journaux ne marchent plus pour la presse, vendons-y de la bouffe…“
Le recyclage étant à la mode, le kiosque du quartier se reconverti en boutique électronique à légumes, pendant ce temps la police pourchasse les vendeurs à la sauvette du métro.
Le business de la cuisine très porteur en ce moment, et connoté new-tech, convient au marketing du luxe pour le peuple.
Utiliser un concept vertueux et conservateur pour proposer un nouveau mode de consommation, ça disrupte grave. Lire l’article dans Stratégies

 

Le bitcoin notre ami
A passé historiquement les 40000 $ le 9 janvier, le 25 il était revenu à 33 K $, ça fait toujours un paquet de patates

Publié dans # 230 02-2021 | Laisser un commentaire

Janvier 2021

2021, tout ira de mieux en mieux
Eternel retour* 


Bonne année et bonne santé
Tous mes vœux pour vos entreprises et votre prospérité
Régis Crozat

* Pont d’Abense – Tardets – Pyrénées Atlantiques – 20h
Cette image n’étant qu’un support bucolique de communication tout rapprochement avec un niveau de lecture subliminale serait fortuit.

Publié dans #229 01-2021 | Laisser un commentaire

# 228 décembre 2020

Traquer les mots de notre époque
Le smart wording est un sujet récurrent pour Interlettre. Reconnaissons que nos semblables ne sont pas avares des facilités langagières.

Avec les “du coup“, les “bien sûr“, cohabitent sur une autre planète (qui ne vaut pas mieux) les “bienveillance“ et “résilience“ principalement dans les secteurs de l’information et de la communication.
Le problème n’est pas l’avènement de nouveaux mots (au contraire) ou l’exagération d’un phénomène de mode mais, lorsqu’un grand nombre (média, publicitaires, leaders d’opinion et population) les consomment à tort et à travers, pour embobiner leurs interlocuteurs ou faire les malins en occupant le terrain, cela devient franchement agaçant et reflète la pauvreté intellectuelle.
Pour la bienveillance et la résilience, la conjoncture sanitaire et sociale a favorisé l’explosion de ces expressions illustrant aussi le repli, le protectionnisme, la sécurité. Pas fameux tout ça !
Lire ce bon article dans Stratégies
https://www.strategies.fr/emploi-formation/management/4053631W/-se-poser-la-question-de-la-bienveillance-est-deja-un-souci-yasmina-madafi-la-nouvelle-agence-.html


On y croit ?
La redoute, le retour…

Difficile, voire impossible, de faire du neuf avec du vieux sans changer de nom, s’en faire un nouveau n’est pas plus facile.
Voir cette campagne ciblée “jeunes“, sur le réseau Tik Tok, avec des influenceurs payés qui proposent à leurs followers (suiveurs) une loterie permettant de gagner durant l’Avent une paire de sneakers (baskets) par jour. Ca, c’est de la campagne finaude ciblée (ou du tire aux pigeons) ; à ce stade ce ne sont même plus des grosses ficelles, mais du câble !
Voir l’article dans Stratégies
https://www.strategies.fr/actualites/marques/4053602W/la-redoute-lance-un-calendrier-de-l-avent-sur-tiktok.html


Bientôt collector
Un mode de vie…
quand nous osions laisser traîner nonchalamment le catalogue Ikea sur la table du salon.

Il y avait longtemps déjà, que nous ne regardions plus que d’un œil distrait, aux cabinets, cette référence du design international devenue un vulgaire prospectus épais d’un vendeur de cuisine et de meubles en bois et en kit.
Souvenez-vous, pour les plus “jeunes“ il y avait également le catalogue Habitat, c’était d’une autre stature, on aurait aimé tout acheter.
Un peu de pathos, lisez le communiqué annonciateur de cet événement planétaire.
“Le comportement des consommateurs a changé, et moins de gens lisent le catalogue Ikea qu’il y a quelques années. Inter Ikea Systems, le franchiseur mondial d’Ikea, a donc pris la décision émouvante mais rationnelle de mettre respectueusement un terme à la carrière du catalogue Ikea“
Le catalogue 2021 tiré à 40 millions “sera le dernier à être distribué“.
En 2016, 200 millions d’exemplaires : un p’tit bois, et quelques imprimeurs qui vont “tirer la langue “.


Dans le vent
Le QR code a eu du mal à démarrer, il fallait télécharger une application, à présent il trouverait enfin une légitimité dans le développement du “sans contact“ à la mode en ce moment, effet conjugué avec l’intégration d’un lecteur dans l’appareil photo des smartphones actuels.

Tant mieux pour Régis Crozat et ses aventures en Cilicie, et oui, ses deux ouvrages publiés proposent de la réalité passée augmentée.
Depuis 2016 dans le premier tome des QR codes permettaient de visionner des centaines de photos légendées, le tome 2 édité cet été reprend le principe qui offre, via un site web dédié, une consultation d’images simultanément à la lecture.  
Au passage, une idée de cadeau pour noël originale, vous êtes à peu près sûr que l’intéressé ne l’aura lu.
Voir la page achat en ligne
Lire l’article dans Stratégies 
https://www.strategies.fr/actualites/marques/4053291W/le-qr-code-revient-en-force.html


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# 227 novembre 2020

Edito
La pause, encore !!
 
Le monde tourne toujours au ralenti, et ça commence à bien faire
En 24 ans et 227 éditions, avouez que nous ne vous l’avions pas faite celle-là !
Oser vous ressortir un vieux numéro… il s’agit de l’une des premières éditions réellement dématérialisées d’Interlettre, il y a dix ans et presque 100 parutions plus tard. Nostalgie et répétition. Nous ne saurions trop vous recommander la relecture de l’article au sujet des magasins Leclerc, auront-ils tenu leur promesse ?

https://virgulecom.wordpress.com/2010/10/06/130-octobre-2010/

Publié dans # 227 11-2020 | Laisser un commentaire

# 226 octobre 2020

La pause, enfin

Une idée de plus ? J’ai l’impression que le monde tourne au ralenti, que finalement personne ne s’en émeuve.
Evanouis, les gars du marketing qui inventaient un nouveau job chaque jour, tout en enrichissant de mots juteux l’encyclopédie du globish.
A peine murmurée le lancement d’une nouvelle version de l’i-phone 40.12 ou de la Sony Playtruc 20.
Hors champ, la virtualité, la réalité augmentée, la mobilité autonome…
Mais, chère à nos cœur la sécurité, qui nappe toute notre vie, avec de bons prétextes, sanitaire et digital, il n’y aurait plus de place pour l’innovation et le protectionnisme en sortirait gagnant.
Vague sursaut
Ok, l’arrivée et les attributions des fréquences de la 5G ont excité les pattemouilles pendant trois jours et l’état aurait réduit sa dette d’un millionième, mais si c’est pour mieux surveiller ou contrôler, bof !  
Je ne peux m’empêcher de penser à l’âge d’or du Proche Orient concomitant à la fin de l’empire Romain d’Occident, à cette grande peste qui ravagea la moitié de la population du bassin méditerranéen faisant le lit d’une nouvelle religion de conquérants.
Le pire dans toute cette affaire est que nous sommes les artisans de notre « bonheur », aucune force ne nous dirige car le peuple a élu son souverain : le marché.


 

Le propre de l’homme est de s’adapter, les enfants aussi…

Le jeune David Copperfield vivrait aujourd’hui confiné dans sa petite chambre aux murs recouverts de monstres bestiaux et de gnomes aux bouilles lisses. Autour de son lit des montagnes de cadavres de bouteilles de soda et de paquets de biscuits gagneraient une couette maronnasse froissée. Foin de pensionnat obscur, humide et de visages émaciés, David aurait une face pâle mais replète, les yeux exorbités et des pouces écrasés.
Les nouveaux influenceurs ont douze ou treize ans, les meilleurs (vraiment les meilleurs) gagnent un paquet et font rêver tous les autres (des millions). Les législateurs ont statué en permettant ces activités sur les réseaux sociaux, bien encadrées, avec une consignation des gains.
Les ressources de l’humanité sont inépuisables.
« Scènes de la vie quotidienne et tests de produits… »  Lire sur
https://www.strategies.fr/actualites/marques/4050727W/enfants-influenceurs-feu-vert-a-un-encadrement-juridique.html


 

LE LIVRE (suite)
Le tome 2 des aventures de Régis Crozat est dans Archéologia (octobre 2020), vous le trouverez avec le premier opus à la librairie de la Cité du Patrimoine au Trocadéro (75016) ou sur le net.
Enfin, une nouvelle vidéo est en ligne, Léonie Langlart incarne une youtubeuse, évidemment excitée, un instant d’information et surtout de sourires. A déguster avec la version Jean Gabin toujours en ligne.

Commande sur Amazon ou mieux sur le site https://ruine.wordpress.com/le-livre/


 

Marketing attitudes
Que c’est dur de changer ses habitudes ou de renoncer à ses plaisirs faciles

« Pourquoi les achats de mode fast fashion continuent-ils de croître ? Les bazars, temple de l’hyperconsommation, connaissent toujours de beaux succès, à l’image de l’enseigne néerlandaise Action. »
Pourtant les Français s’accordent sur la nécessité d’agir pour la planète mais cette démarche s’accompagne forcément d’efforts que nous ne sommes pas enclins à faire. Les vendeurs devront trouver de gros leviers pour rendre attrayant des produits nécessitant une mise en œuvre fastidieuse (de l’intérêt du marketing). Il y a bien l’Etat, qui pourrait ordonner du jour au lendemain, mais il se doit d’être vertueux, au risque de basculer dans la dictature.  
La fin du monde n’est pas pour demain mais les gars du marketing ont du boulot :
– Valoriser le comportement éthique des individus, mais sans les faire passer pour des donneurs de leçons,
– Rassurer, face au scepticisme naissant à l’égard des produits « bio » ou dits « vert »,
– Eviter de stresser la population avec un vocabulaire urgentiste, voire péremptoire, ne pas se substituer à l’ordre public (à chacun son boulot),
– Commencer toujours par des trucs simples, par exemple éviter le gaspillage.

Lire cet article intéressant, à nuancer toutefois
https://www.strategies.fr/actualites/marques/4050730W/-fais-ce-que-je-dis-pour-la-planete-mais-pas-ce-que-je-fais-adeline-ochs-audencia-.html

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